Thursday, April 3, 2025

By the Shore

Waves beating the rocks

                       The freezing fog

                                         Lifts to show

                                                          Endlessness

                                                                        In arctic blue grays

                                                                                   ==== And I think of you ===

                                                               Despite the desolate coasts of

                                                        
                                                    Winters past

                                  Can't you see

                        The green

Beneath the snow?


                          === As I do ===


                                                          The seagulls have fallen silent,
                                                           But storms come to pass.
                                                           And upon the return of the swallows
                                                           May will see you with a crown
                                                           Of flowers in your hair.

                                                                         ===Can we wait by the shore?===


Copyright 2010 Alain Millon

Sous-Bois

Comme dans une forêt épaisse 
je me serais perdu,
Je laisse des traces:
Signes, branches cassées,
L'empreinte de mes pas, un bout de chiffon,
Ton initiale découpée dans l'écorce d'un chêne.
Elle y sera encore dans cent ans,
Et d'autres qui, eux aussi, se seront égarés,
Imagineront ce conte étonnant.
Encore, les chuchotements du vent me parviennent
Car, oui, j'entends ta voix.
Hier, aujourd'hui, demain,
Toujours, encore, et sans fin...
M'entends-tu?
Jusqu'à mon dernier souffle,
Je t'attendrai.
Comprends-tu?
Silencieux, je marche.
Silencieuse, tu m'observes.

Viens, donne-moi la main,
Et nous ne nous perdrons plus jamais.

English translation 

Undergrowth

As in a thick forest
Where I lost myself,
I leave traces:
Signs, broken branches,
A footprint, a piece of cloth,
Your initial cut in the bark of an oak.
It will still be there in a hundred years,
And others, too, will be lost,
Thinking of this amazing tale.
Still, the wind's whispers reach me
As, yes, I hear your voice.
Yesterday, today, tomorrow
Still, always, endlessly ...
Can you hear me?
Until my last breath
I'll wait.
Do you understand?

Silent, I walk.
Silent, you watch me.
Come. Take my hand
And we'll never get lost again.
Copyright Alain Millon 2010

Tuesday, August 13, 2024

Matins d'Enfance

Le carré bleu de la lucarne,
La voix d'une voisine hélant Madame Untel
« Il va encore faire bien chaud aujourd'hui ! »,
Puis le cri lointain du rémouleur chantonnant
« Couteaux, ciseaux… »,
La charrette cahotant sur les pavés,
Un air d'accordéon passant à la TSF,
Enfin le parfum du café me parvenant de la cuisine,
Chuchotent tous à l'oreille :
« C'est l'été. Plus d'école… »
De dessous les draps rêches de coton blanc,
Je perçois
Les pas de Mémé faisant craquer les marches
De l'escalier bicentenaire.
Je referme les yeux.
C'est un jeu.
« Allez ! Debout l'artiste peintre ! »
Chante son accent périgourdin.
« Tes tartines t'attendent. »
L'idée de confitures de mirabelles
Et de reines-claudes me font sauter du lit
Et je cours vers ce petit déjeuner convoité
Sans avoir oublier
En passant
De dénouer son tablier à carreaux bleus.
Elle me gronde :
« Screugneugneu ! »
Mais nous rions déjà.
La journée va être chargée :
Je l'aiderai à passer les meubles
A la cire d'abeille ;
Nous irons donner du grain aux poules,
De la luzerne aux lapins ;
Après, j'irai vite au jardin
Que Pépé loue à des riches
Lui porter son casse-croûte.
Après avoir dit
« Merci, petiot »,
Il sortira de la poche de son bleu de travail
Un couteau à six lames qu'il me laisse parfois admirer.
Puis, méthodiquement,
Il coupera
Et lamelles de pain,
Et fromage de chèvre,
Le tout arrosé d'un verre de vin de pays
Qu'il boit d'une timbale en fer blanc.
Il m'en tendra un bout
Sans mot dire
Car il n'est pas causant
Mon grand-père
A moins qu'il ne parle de la Grande Guerre,
D'obus explosant, de tranchées boueuses, ou de camarades morts
Inutilement au champ.
Maintenant c'est l'heure du labeur.
Je l'imite en tout.
Il crache dans ses mains avant de saisir la fourche
Et j'en fais autant quoique la mienne,
Confectionnée par ses soins,
Ne soit pas aussi lourde.
J'abandonne ce travail
Dès que je retourne un nid de fourmis rouges
Ou suis suivi d'une guêpe.
« Ah, tu ferais un drôle de paysan, toi, »
Ronchonne-t-il.
J'aime aussi m'aventurer vers les framboisiers de la voisine.
Leurs fruits en sont bien meilleurs que les nôtres.
Elles paraissent plus grosses, plus juteuses et succulentes.
Je guette. Personne ne m'a vu. J'en cueille.
Une…
Deux…
Trois…
De nouveau à la maison,
Pépé racontera cette histoire :
Que j'avais la bouche et les mains tachées de rouge,
Et que si « La Vieille » m'avait attrapé,
On aurait eu des ennuis.
« Qui vole un œuf vole un bœuf… »
Mais dans leurs regards qui se veulent durs,
Moi, l'enfant,
Je ne vois que tout l'amour du monde.

Copyright 2010 Alain Millon

Friday, November 10, 2017

Of Things Past

The wind carried the distant caws
of seagulls. They came to the valley while light rain soaked the fields and
invisible dried leaves whirled up in the night.

The drizzle made up the music
With its drops.

No human voice.

No roaring engine.

Not even the muffled flight of an airplane above.

Behind the clouds, strings of gilded memories lit up like stars.

Tuesday, April 19, 2011

Script XIII

Copyright 2011 Alain Millon

Sortie des Artistes


If life's a stage
Let us find a graceful
Exit

Let us not
Bore the occasional spectators with
An endless tragic soliloquy

Only we
Can stand
Upright

Only we
Can walk
Away

Let us not care
If they applaud or if they boo
If they throw roses or wretched remarks

Far from the glittery gold of false compliments
Away from glamour and frozen smiles
We will remove our masks

Once and for all

The door marked
"Sortie des Artistes"
Will slam shut
(We've tossed the key)

Then and only then
Can we weep and believe

Alone we stood

Alone we walked

Away

At last

We are free

Copyright 2011 Alain Millon