Derrière son masque noir,
Et dans son costume de lune,
Il se déplace en souriant,
Faussement.
Devant la lumière,
Il meut ses longs doigts.
En ombres chinoises,
Arrive la ribambelle de Polichinelle.
Parfois, se promène un renard rusé.
Quelquefois, vole une cigogne.
De temps à autres, trottine une brebis convoitée.
Il trouve une fleur et la brandit.
Ah, qu'elle est belle !
Pas de danse, pas de deux.
Muet, va-t-il parler ?
Il les fait rire à en pleurer,
Avec ses grands yeux cachés
Dont on ne voit que le blanc,
Son nez géant, sa triste mine,
Et sa voix aigue et trépidante qui s'élève
Lorsqu'il ne voit plus que des pétales fanés.
On lui souffle les lignes.
Il les oublie, il bégaie, il s'agite,
Puis, parmi les bravos, quitte la scène,
Lui, et son secret de Polichinelle.
Copyright 2010 Alain Millon